3 juin 2014

Urgence de vaccination des nouveaux- nés au Nord-Kivu

Vaccination des nouveaux-nés
" Mieux vaut prévenir que guérir" disent les personnels de santé"!!

Quelque soit leur revendication, les personnels soignants, dans l'exercice de leur métier noble, ne devraient pas perdre de vu que celui-ci est régit par une déontologie extraordinaire fondée sur un serment presque universel, dit d'Hippocrate: 
"Devant l'effigie d'Hippocrate, je promets et je jure, au nom de l'Être suprême, d'être fidèle aux lois de l'honneur et de la probité dans l'exercice de la médecine.Je donnerai mes soins gratuits à l'indigent et n'exigerai jamais un salaire au-dessus de mon travail. Admis dans l'intérieur des maisons, mes yeux n'y verront pas ce qui s'y passe ; ma langue taira les secrets qui me seront confiés et mon état ne servira pas à corrompre les mœurs ni à favoriser le crime. Respectueux et reconnaissant envers mes Maîtres, je rendrai à leurs enfants l'instruction que j'ai reçue de leurs pères". Que les hommes m'accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses. Que je sois couvert d'opprobre et méprisé de mes confrères si j'y manque. » ( Extrait du serment qui devrait animer la conscience des personnels soignants, au delà de leur attente financière....)

Dans la province du Nord-Kivu en général et en ville de BENI et ses environs en particulier, on constate actuellement une absence de  vaccination des femmes enceintes et des bébés il y a plus de trois mois  . Cette crise est due au déclenchement d'une grève des infirmiers suite au détournement de leurs primes et la demande de revalorisation de leurs salaires depuis bientôt 7 mois. Tous les services sont paralysés et le plus touché est de celui de la prévention (vaccination). 
Comme conséquence, les nouveaux-nés et femmes enceintes courent un grand de risque d’être infectés  par les infections tels que le tétanos et autres virus contagieux auxquels sont exposés les bébés(varicelle, rougeole, coqueluche, poliomyélite, ect.)

Ainsi,le réseau d'association de protection de l'enfance de la province du Nord-Kivu s'inquiètent pour l' inaction des autorités sanitaires(Ministère de santé)  au point d'exposer les vies des enfants et des femmes à l'irréparable. Les associations de protection de l'enfance lancent donc un appel à tous les partenaires pour une mobilisation et une sensibilisation  contre ce fléau qui se dessine par manque de vaccin dans cette région endémique de virus cités c-haut.

"La santé de l'enfant nécessite une protection dès sa conception"!

EADEV-DR.Congo
Lien utile:   http://radiookapi.net/societe/2014/05/12/nord-kivu-les-infirmiers-poursuivent-leur-greve-entamee-depuis-7-mois/#.U44pAnJ_uw8

2 juin 2014

EADEV participe au séminaire international JANUSZ KORCZAK -2014 à la mission permanente de la République de Pologne au Nations Unies à Genève

JANUSZ KORCZAK( 1878/9-1942) le pionnier juif polonais sur les droits de l'enfant conformément à la Convention des Nations Unies sur les droits de l'enfant. Un séminaire est organisé chaque année pour mener une réflexion au tour de sa conception des droits des enfants.


Pour l'année 2014, le séminaire s'est inscrit dans l’esprit de l’article 2 de la convention internationale de droits de l’enfant, en son alinéa 2. Il a accueillis plusieurs associations et agences de Nations Unies pour une réflexion profonde sur l’éducation inclusive sans  discrimination.
« 1. Les États parties s'engagent à respecter les droits qui sont énoncés dans la présente Convention et à les garantir à tout enfant relevant de leur juridiction, sans distinction aucune, indépendamment de toute considération de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou autre de l'enfant ou de ses parents ou représentants légaux, de leur origine nationale, ethnique ou sociale, de leur situation de fortune, de leur incapacité, de leur naissance ou de toute autre situation. 2. Les États parties prennent toutes les mesures appropriées pour que l'enfant soit effectivement protégé contre toutes formes de discrimination ou de sanction motivées par la situation juridique, les activités, les opinions déclarées ou les convictions de ses parents, de ses représentants légaux ou des membres de sa famille. » intégralité de l'article 2 de la CIDE.

Le programme d’appui à l’éducation que mettent en place EADEV-Save the Children dans la Province du Nord-Kivu, en République Démocratique du Congo, s’inscrit également dans cette perspective, en vu d'apporter notre contribution à cet objectif noble du millénaire visant « l’éducation pour tous » et sans discrimination. 
Invité  par  International Janusz Korczak et soutenu par l’Association Française Janusz Korczak, EADEV a été représenté par son président, M. Augustin VWALUMA pour une présentation sommaire de ses activités sur le terrain et ce, spécialement liées à son programme " d'appui à l'éducation scolaire et l'éducation à la citoyenneté. 
  • Brève présentation du contexte du programme 
L’éducation en général étant un levier du développement,la thématique « Education » fait un champ de bataille de l’Association EADEV pour le développement des enfants.
En République Démocratique du Congo,l'éducation reste un secteur qui n’évolue pas en fonction de son importance malgré les progrès renseignés dans plusieurs rapports( ISSPOU-le rapport de la visite du Premier ministre congolais à Mascate ect.). La dernière enquête sur les enfants et adolescents en dehors de l’école, réalisée par  l’Institut de science des populations de l’Université de Ouagadougou (ISSPOU), en appui de l’Unicef et de l’Unesco de 2012,démontre que le taux de scolarisation est passé de  38,5% des enfants non scolarisés en 2007 à 28,9% en 2012 pour les enfants en âge scolaire normale (5 à 17 ans). De cette évolution, 52,7% sont des enfants adolescentes filles non scolarisés, soit plus de la moitié. En outre, la même enquête renseigne que La proportion d’enfants non scolarisés est non seulement plus forte en milieu rural (33,4 %) qu’en milieu urbain (20,0 %), mais aussi dans les milieux où les conflits armés sont récurrents ainsi que dans les milieux en proximité des mines. A titre illustratif, le Nord-Kivu est placé en première proposition du taux élevé des enfants et adolescents non scolarisé soit 43,9 % suivi du Katanga (34,8 %). Plusieurs raisons peuvent expliquer ces phénomènes :
*Sociopolitique : Non application effective de la loi de la gratuité de l’école primaire des enfants, le manque d’infrastructures scolaires conséquentes,  les conflits armés récurrents dans certaines régions.
*Socio économique: la pauvreté dans les ménages,l'utilisation des enfants dans des activités rémunératrices.
*Socioculturelle:  la discrimination par ignorance dans la scolarité des enfants, les mariages précoces, le manque d’instruction des parents, etc.…
 Ces phénomènes s’apparentent nettement aux réalités dans nos zones d’intervention dans le Nord-Kivu, où effectivement le taux des enfants non scolarisé est fort élevé. 
  • Notre action concrète sur terrain:
EADEV participe au programme national d’éducation depuis 2010 en partenariat avec  Save the children International au N-Kivu, à travers un vaste projet dénommé « DUTCH CONSORTIUM FOR REHABILITATION,DCR », pour une duré de 5ans. Exécuté en zone de Lubero depuis 2010 en consortium de quatre organisations, Care international, Save the children international, Zoa et HealthNet TPO), le projet est axé sur 3 principaux objectifs ci-après:
1° Faciliter l’accès à l’éducation pour tous les enfants, 
2°  Améliorer les conditions de vie de base de la communauté,
3° Stimuler et contribuer à la bonne gouvernance dans des écoles.
Pour participer à l' atteinte de ces objectifs majeurs du projet, EADEV conduit un paquet d’activités, impliquant les communautés et les enfants, notamment, la réhabilitation ou la construction des écoles, l’alphabétisation et l’apprentissage au métiers générateurs des revenus, appui formative au comités de gestion des écoles pour une bonne gouvernance.
  • Action transversale
Outre l’appui à l’éducation scolaire, EADEV mène de manière transversale les activités d’éducation à la citoyenneté, réalisées par les enfants eux-mêmes au sein de leur club dénommé« Mathias 1er ». Avec l’appui pédagogique et financier de Save the children et de l’Association Française Janusz Korczak , cette structure  représente un cadre, mis en place par les enfants qui leurs permet de s’exprimer librement sur leurs droits à travers des émissions radio . Le droit à l’éducation sans discrimination, l’éducation à la paix, la prévention et gestion de conflits par le dialogue, diverses dénonciations des abus dont ils sont victimes à l’école, le manque du respect des adultes à leur égard font essentiellement la chronique de la présentation des émissions.
Le comité restreint du club Mathias en réunion dans l'enclos d'EADEV-Beni















  • Soutenir l’éducation inclusive sans discrimination dans notre programme
L’inexistence de la gratuité de l’école primaire des enfants et son caractère obligatoire, la détérioration des infrastructures scolaires dans certains villages éloignés de nos axes opérationnels ne facilitent pas l’accessibilité à l’école des enfants vivants dans ces endroits reculés.  Sont là les questions adéquates à résoudre en amont, et qui sont la cause de cette moindre évolution dans le secteur.
Malgré notre mobilisation communautaire pour le retour sur le chemin de l’école des enfants, les plaidoyers menés par les enfants eux-mêmes à travers leur club dans des émissions radio, il est vraisemblablement que  l’éducation pour tous reste un concept non encore très bien intégré dans le programme national d’éducation sur toute l’étendu de la République Démocratique du Congo. 
L’éducation inclusive est un concept  qui renforce l’esprit du  2ème article de la CIDE, en son alinéa 2, prônant le droit à l'éducation à tous les enfants quelque soit leur situation. Néanmoins, le concept semble encore très peu d’application au sein de certaines sociétés. Entre les sociétés développées et celles en voie de développement, nous pouvons noter malheureusement un  décalage important dans la considération de la problématique. Dans les premières(sociétés développées), il se fait constater plusieurs barrières liées aux faits sociaux tels que, la différence culturelle, les injustices, l’hypocrisie ect. Par contre dans les deuxièmes sociétés, appelées en voie de développement, il s’explique par le manque de volonté politique de rendre obligatoire l’éducation scolaire primaire des enfants, la pauvreté dans les ménages, l'utilisation des enfants en âge scolaire dans les activités rémunératrices  ect.
Ces inégalités  sont souvent à l’origine d’une éducation non inclusive. Et pourtant, nous pensons que, «  si l’éducation dévient effectivement inclusive, nous parviendrons à une société inclusive » sans inégalité de droits.
Comme nous le faisons à Lubero, au Nord-Kivu avec des classes de rattrapage(ALP) pour les enfants démunis, l’éducation inclusive traduirait une adaptation du système éducatif à l’environnement des enfants et non penser à le faire pour intégrer les enfants dans le système éducatif. Ce schéma faciliterait l’éducation pour tous sans aucune quelconque barrière. Ce qui rejoindrait ce que disait Janusz Korczak: « Pour changer le monde, il faut  d’abord changer l’éducation ».
Dès lors, une bonne enfance peut  se construire sur base d' une bonne éducation scolaire et familiale pour construire des adultes responsables. Tel est la vision profonde de notre action.
Genève, le 31 mai 2014
Augustin VWALUMA
EADEV-DR.Congo

Liens utiles:(1) http://www.unicef.org/drcongo/french/media_6380.html

13 mai 2014

Réalisation du Club Mathias 1er en 2013

Crée en 2012, après le succès réalisé par les enfants dans la participation active au lancement de l’année Janusz Korczak, à Beni en RD.Congo, à travers la production de plusieurs spectacles inspirés du roman du roi Mathias 1er, le club d’enfants dénommé « Roi Mathias 1er » a vu le jour en décembre de la même année. Il compte 100 enfants de 8 à 15 ans, encadrés par Gustave BANDIBABUSIRWE dans l’organisation des réunions d’échanges autour des questions essentiellement traitant des droits des enfants ainsi que culturelles.
Le programme tracé et les objectifs que le Club s’est assigné pour l’année 2013 sont basés sur trois volets d’activités : le droit à l’éducation pour tous, l’éducation à la citoyenneté, et la sensibilisation sur la non-utilisation des enfants par les forces et groupes armés.

Éducation scolaire 
S’appuyant sur la disposition légale  donnant droit aux élèves d’instituer des comités des élèves au sein des Établissements scolaires, le Club des enfants du Roi Mathias 1er a accompagné cinq écoles, ci-après : l’Institut KISOLEKELE, l’Institut MALEPE, l’Institut AMKENI, COMPLEXE SCOLAIRE MUSAYI et enfin l’EP MABAMBILA pour leur installation. Les 100 enfants du club du Roi Mathias 1er, se sont répartis dans les écoles et ont constitué cinq comités d’élèves dans les écoles ci-haut citées.
Visite du club Mathias dans les écoles 

L’objectif de cette présence dans des écoles était de sensibiliser et de travailler avec les différentes directions et des élèves élus par leurs camarades. Ces travaux ont concerné pour la plupart la lutte contre des abus et des mauvais traitements des enfants dans des milieux scolaires. Ceux qui concernaient la discrimination dans les inscriptions des enfants à l’école, les facteurs favorisant la réussite à l’école, le Règlement d’ordre Intérieur dans une école et son importance, les droits des enfants à être respectés, les pires formes de travaux faits aux enfants ainsi que les punitions au fouet ont fait spécialement l’objet des échanges avec les autorités scolaires.

L’éducation à la citoyenneté 
Dans cette approche, les enfants se souviennent toujours de leur pièce de théâtre présentée en 2012 sous le thème « ET SI LES ENFANTS GOUVERNAIENT ». Par cette mise en situation, le club d’enfants du Roi Mathias 1er veut transmettre aux enfants un éveil de conscience pour un changement de mentalité dans la façon de voir les choses et les attitudes à entreprendre dans diverses situations en tant qu’acteurs du changement sociétal.
C’est pourquoi, en partenariat avec la RTR (Radio Télévisons Rwanzururu) une radio locale qui couvre les villes de Beni, Oicha, Mangina, Bulongo et les environs, le club d’enfants du Roi Mathias 1er fait passer ses émissions chaque samedi de 16h30 à 17h en touchant un large public. L’objectif de cette activité est l’initiation des enfants aux valeurs de la démocratie, telle l’éducation à la vie communautaire, l’éducation à la paix, le sens de responsabilité, de la gestion des biens publics et communautaires, avec un accent particulier sur les droits et les devoirs.
Les enfants du Club Mathias 1er tiennent l’antenne

















La sensibilisation sur le non-recrutement et utilisation des enfants au sein des forces et groupes armés 
Avec un regard sur la protection de l’enfant, à l’occasion de la commémoration de la 24ème session de la journée du 20 novembre organisée autour du thème de la compagne nationale « PLUS JAMAIS DES KADOGOS  DANS DES GROUPES ARMÉS », le club d’enfants du Roi Mathias 1er a présenté devant un public d’environs 400 enfants et adolescents de différentes écoles une pièce de théâtre, intitulée « LE DROIT DE l’ENFANT AU RESPECT », et des poèmes sur les « KADOGOS ». (kadogos traduit"enfants soldat"s en swahili)
Ces deux présentations ont montré au public le danger que courent les enfants en ce moment où ils se trouvent exposés à l’enrôlement dans les rangs des forces et groupes armés et à l’exploitation abusive.
En présentant cette pratique criminelle sous forme des sketchs, les enfants souhaitent vivement inviter les autorités locales à s’impliquer activement dans la lutte contre ce phénomène désastreux pour la nouvelle génération.
Saisissant l’occasion de leur journée, les enfants du club Mathias ont profité de la visite au centre du jour-EADEV de Madame Leilla Zerrougui, Secrétaire Générale adjointe des Nations Unies en Charge des enfants en zone de conflit et de Barbara, Représentante Pays (RDC) de l’UNICEF pour passer des messages de plaidoyer d’appui à la promotion de leurs droits. Accueillies par les enfants de notre centre du jour, le 22 novembre 2013 en marge de la célébration de la journée commémorative du 24ème anniversaire de l’adoption de la CDE (Convention des NU relative aux droits des enfants) en leur adressant le message d’un cri de détresse : « Que finisse la guerre à l’est de la RDC, que finissent le recrutement et l’utilisation des enfants par les forces et groupes armés et autres abus commis à l’endroit des enfants (viol, enlèvement, etc.) ».
                                       Visite de la Responsable N°1de l'Unicef en RDC du Centre de Jour EADEV des enfants ex-soldat le 22 novembre 2013 à Beni
Parties prenantes aux activités
Pour une période correspondant à l’année civile 2013, les résultats ci-haut atteints sont l’œuvre de la collaboration étroite avec le parlement d’enfants de Beni, les radios communautaires de Beni, les gestionnaires des écoles où nous réalisons les activités.

Aperçu financier de l’action
Avec l’appui financier de nos partenaires, notamment, Save the children International (SCI) et l’AFJK (Association française Janusz Korczak) qui sont intervenus respectivement à la hauteur de 11,6 % et 9,6 % sur l’ensemble du budget de l’action, la participation d’EADEV par les fonds propres ont été de 23 %. D’où un déficit budgétaire de 55,8 % du budget annuel arrêté à 5.170 USD.
Néanmoins, nous reconnaissons particulièrement notre partenaire historique (SCI) pour sa participation considérable à la réalisation de cette action transversale à notre programme régulier d’appui à l’éducation, définis dans le cadre de notre collaboration pour l’année 2013.
Par ailleurs, la participation de notre partenaire AFJK à cette action a beaucoup été soulageant car arrivée au bon moment où nous étions dans une désolation vis-à-vis des enfants acteurs de leur action. Elle a été pour EADEV, non seulement un cachet, mais plutôt un feu vert nous garantissant la poursuite de notre bataille pour la pérennisation de l’héritage Janusz Korczak.

Les difficultés rencontrées :
•Insuffisance des moyens financiers pour la production des séries télévisées des actions des enfants du club à des télévisions locales.
•Manque d’outils et équipements du club pour la gestion des données (Kit ordinateur, caméra et CD).

Perspectives 214
L’inspiration de l’héritage de Janusz Korczak par les enfants réunis au sein du club Mathias pour interprétations son roman « le Roi Mathias 1er » est un projet très ambitieux qu’EADEV reste déterminée à accompagner les enfants dans la pérennisation de cette structure (club), considérée comme tribune libre offerte aux enfants pour la promotion de leurs droits.
Au cours de cette nouvelle année 2014 nous souhaitons poursuivre cette œuvre avec une vision plus particulièrement axée sur :
•L’appropriation des acquis du projet par les enfants eux-mêmes,
•L’érection d’un centre communautaire pour la lecture au profit des jeunes et adolescents, dénommé « JANUSZ KORCZAK ».
•L’intensification des productions théâtrales, conférences-débats sur le thème : « les enfants, acteurs de la transformation de la société » du séminaire CATS,
•Le montage et visualisation des vidéo-séries,
•La production des messages invitant les jeunes à la prise de responsabilité,
•L’organisation des sorties d’échanges culturels entre les jeunes des communautés de Beni en particulier et dans la région en général.

Publié par Gustave BANDIBABUSIRWE
Encadreur du club

30 avril 2014

L'Association EADEV appui le programme national d’éducation scolaire des enfants à l'Est de la RD.Congo

Actions
Depuis bientôt 4 ans, l'organisation Enfants pour l'avenir et le développement-EADEV en sigle, participe au programme  d'éducation scolaire en partenariat avec Save the children international, dans la province du Nord-Kivu, en territoire de Lubero en République Démocratique du Congo.
Ce programme de grande envergure s'inscrit dans le cadre d'un vaste projet dénomme " DUTCH CONSORTIUM FOR REHABILITATION",DCR en sigle, pour une duré de 5ans, exécuté en zone de Lubero depuis 2011 en consortium de quatre organisations, notamment, Care international, save the children international, Zoa et HealthNet TPO). Les organisations de mis en oeuvre ont également quatre objectifs communs repartis dans différentes zones d'intervention:
1° Faciliter l'accès aux service de base
2° Améliorer les conditions de vie de base de la communauté
3° Améliorer la gouvernance communautaire
4° Travailler en système sectoriel fonctionnel
Dans ce vaste projet, Save the children international, intervient dans le programme d'appui à l'éducation scolaire en faisant participer les organisations locales de la société civile ayant de l'expérience confirmée dans le domaine. De ce fait, les organisations locales, EADEV et BENENFANCE ont été préférablement sectionnées par Save the children dans la conduite du dit programme, en se basant spécifiquement sur les objectifs ci-hauts cités:
a) Faciliter l'accès aux service de base:  
Avec le financement SCI, cet objectif est suivi en mettant en oeuvre les activités suivantes:
* Mise en place des centres de jeunes où se développe l’alphabétisation et l'apprentissage professionnel au profit des jeunes démunis. Deux centres sont à ces jours opérationnels en cité de Lubero et dans le village de Kaviseghe.
*Mise en place d'un centre de formation d'enseignants, CFE, visant l'amélioration de la qualité de l'enseignement dans les écoles ciblées. Avec cet appui, un recyclage et une formation continue des enseignants est fourni dans un CFE à Kipese.
* La construction et la réhabilitation des écoles(apanage de Save the children international)
Un chantier de construction d'une école à Lubero, appui de Save the children

















*Doter les Centres de formation d'enseignants(CFE) et ceux des jeunes d'équipements nécessaires à l'apprentissage( ouvrages, matériels scolaire ect..)
*Sensibilisation communautaire sur l'importance de l'éducation scolaire, en mettant l'accent sur la promotion de l’éducation scolaire pour tous, sans discrimination entre filles et garçons ou enfants vulnérables, conformément à la convention internationale des droits des enfants.
*Mise en place des ALP(Accelereted Learning Programm) définies comme des classes de rattrapage pour les jeunes en âge scolaire dépassé, mais qui sont encore actifs dans l'apprentissage scolaire.
*Mise en place des clubs et comités des élèves dans les écoles. Sont des espaces d'échange entre enfants dans l'exercice de leur droits, expression libre, abus de droits dont ils sont victimes. 
*Formations des élèves, des enseignants et parents sur les droits des enfants. Cette approche vise à faire un suivi sur l’état de lieu des droits des enfants en milieux scolaires, familiales et communautaires en vue de promouvoir un environnement protecteurs.
b) Améliorer les conditions de vie de base de la communauté:
Dans le cadre du programme "Education", cet objectif vise un apprentissage à l’auto-prise en charge des jeunes par des métier spécifiques. Il s'agit notamment de mettre en place des activités génératrices des revenus pour les jeunes.
c) Contribuer à la bonne gouvernance communautaire:
Par un effort conjugué entre acteurs impliqués dans le programme, nous nous efforçons à participer à la bonne gouvernance dans les communautés en proposant la création et des formations des comités des parents d'élèves(COPA) et des comités de gestion scolaire,(COGES) en vu de renforcer leur rôles et responsabilités dans la gestion des écoles. Ces comités reçoivent notre appui permanent dans leurs initiatives de développement des écoles. Les jeunes en reçoivent autant dans les centres de jeunes pour une bonne gestion de ces structures.
De manière transversale, EADEV, organise des sessions d’échanges entre COGES et autorités locales pour la vulgarisation des textes légaux liés à la scolarité primaire et la gestion des écoles.
Ces objectifs sont poursuivis avec un appui conseil de l'EPSP, la division de l'enseignement primaire, secondaire et professionnel sans pour ne pas nous substituer à l'Etat congolais dans ses responsabilités.
A titre illustratif,ci-après le tableau  des partenaires appuyés par notre action dans le cadre du programme DRC-Education:
En cité de lubero, 11 communautés, entre autres l'Ecole Primaire (EP) MASEMI,MUVALE, VITIMBA,MUCHUNGAJI MWEMA,et le centre de jeunes.
En localité de KIPESE, EP KIPESE et le CFE-KIPESE , EP-KATAMBI, EP-MUEWA, SINANDUGU, MASALI, KAVISEGHE et un centre de jeunes. EP-KASINGA, EP-VUSANGA, EPWANAMAHIKA, EP ILAMBULA, EP-KITOBO, EP-MUTSWAMBI, soit 17 écoles primaires, 1 centre formation d'enseignants et 2 centres de jeunes.
EADEV Avec DRC= tous les enfants à l'école pour préparer et construire leur avenir!!
Publié par Augustin VWALUMA
(PCA-EADEV)

L'ONG-D EADEV participe à la crise humanitaire à WATALINGA


  • Contexte sécuritaire de la zone:

C'est depuis décennie que le groupe rebelle ougandais-ADF/NALU seme la terreur dans le Nord-est du territoire de Beni en collectivités et secteurs de Bashu, Ruwenzori, Mbau et Watalinga. Le groupe brillaient toujours par des actes des pillages des produits champêtres, d’élevage et de commerce, des enlèvements des ménages entiers, enfants et adultes indistinctement, des meurtres ainsi que des mutilations des paisibles paysans. Ce mode opératoire s’exprimait rarement par des tentatives d’occupation des entités. Depuis 2011 les derniers rapports de la société civile du territoire de Beni parlent d’au moins 500 personnes enlevés par ce groupe armé.
Historiquement la population des toutes ces contrées ci-haut cités vit essentiellement de l’agriculture, avec comme voie d' évacuation de ses produits, la ville de Beni et parfois en république Ougandaise, qui partage avec elle 2 frontières dont l’une à Kasindi/Lubiriha (secteur de Ruwenzori) et l’autre à Nobili (collectivité des Watalinga). Du riz, des bananes et autres cultures vivrières sont complétés par du cacao, aujourd’hui très rentable comme culture industrielle grâce à l’implantation dans la région de l’entreprise ESCO KIVU qui en assure la vulgarisation, l’accompagnement des agriculteurs jusqu’à l’achat des récoltes. C’est cette agriculture qui permet aux ménages d’accéder aux services de base : scolarisation des enfants, soins médicaux, alimentation et logement décent.

Aperçu des champs de cacaotiers abandonnés
 En date du 11 juillet tout a changé soudainement avec un assaut de ce groupe armé ADF/NALU et alliés , les rebelles El shebab sur la localité de KAMANGO, chef lieu de la collectivité chefferie des Watalinga, collectivité bastion de ce groupe armé. L’occupation de Kamango n’était pas de longue durée car le lendemain 12 juillet les forces loyalistes avaient repris le contrôle de la cité pillée de fond à comble.
Le bilan de cette attaque est très lourd, le bureau central de la zone de santé (BCZ) qui devait lancer une campagne de vaccination le lendemain est totalement vidé de tous les produits et matériel de vaccination y compris du carburant pour maintenir la chaine de froid.

 Au niveau du bureau de la BCZ il n’est resté que quelques  archives détruites et éparpillées, quelques aiguilles destinées à la vaccination du 12 juillet ainsi que quelques calendriers muraux, vitres et portes cassées et restées béantes                                        (Photo du constat fait par l’équipe mixte EAD et Save the Children sous le guide du chef de collectivité le 10 Octobre 2013)
La crise humanitaire a connu son point culminant car toute la population du chef lieu KAMANGO s’est déversée sur les localités voisines dont NOBILI qui a eu à gérer les activités administratives, médicales (zone de santé) jadis opérationnelles à Kamango et le gros de la population déplacées. D’autres zones de forte concentration des déplacés sont restées Lwanoli, Kikura, voire le territoire ougandais où un camp des réfugiés a été installé. 




  




Ici l'image des bâtiments de l’EP Lwanoli transformés en dortoir de fortune, Hommes, Femmes et enfants confondus (Photo du 22 Septembre 2013)







Plusieurs cas de violations des droits humains ont été constatés lors de cet évènement . Parmi ceux-ci, nous signalons le cas d'un enlèvement d'une équipe d'une Ong Internationale en mission dans la même localité, dont nous nous réservons de citer le nom dans la localité de Kamango . Quatre membres et un véhicule 4x4 ont été enlevés alors qu'ils  se trouvaient dans un hôtel de la place. 


Ici furent enlevés 4 agents d’une ONG humanitaire internationale ainsi que leur véhicule au cours de l’assaut des ADF/NALU en plein cœur de la cité de KAMANGO le 11 juillet tjrs : Photo 10 Octobre 2013










  • Présence de l'Association EADEV dans la contrée

Cette calamiteuse situation humanitaire conséquence de la terrible attaque du 11 juillet ne pouvait faire l'objet d'une mobilisation de plus qu'un acteur humanitaire dans la région en vu de venir en aide les victimes, particulièrement les femmes et les enfants. Avant cet évènement du 11 juillet, l'association EADEV était toujours actif dans le monitoring et communication  sur les violations des droits de l’homme en général, les 6 violations des droits de l’enfant en particulier. Cependant ces actions étaient menées sans une présence physique dans cette collectivité de Watalinga. Au vu de l’ampleur de la crise humanitaire EADEV a jugé mieux être au chevet de la population de Watalinga en y ouvrant une représentation, ce qui fut fait le 2 septembre 2013.
Point d’écoute EAD au centres de Nobili 
Deux animateurs point d'ecoute





Le point d’écoute EADEV nouvellement implanté  dans cette région s'emploie essentiellement  dans la mise en place des structures communautaires pour la protection de l’enfant.
Après présentation de l’organisation à l’autorité locale,comme première réalisation, l'organisation a suscité l’implication de la communauté dans la dynamique de protection de l’enfant en mettant en place un Réseau Communautaire pour la Protection de l’Enfant, RECOPE et un Club d’enfant. Les missions de ces RECOPE et Club d’enfants se limitent à :

1°RECOPE 
- Sensibilisation et information de la communauté, des familles et des enfants sur la protection de l’enfant, les services de prise en charge et les réponses adéquates
-  L’identification des cas d’abus et de violations des droits des enfants
-  Référencement, orientation et plaidoyer pour une prise en charge adéquate des enfants ainsi que les poursuites en justice des auteurs d’abus et des violations des doits des enfants
- Compilation et transmission des informations et tendance en matière de protection de l’enfant permettant des réponses efficaces
- Suivi des cas (prise en charge psychosociale, médicale par les structures compétentes, réunification familiale, réintégration scolaire et économique, etc.)

Travaux de groupes lors de la formation de RECOPE en Août 2013 à Nobili)



CE( Club d'Enfants :
- Sensibilisation aux droits des enfants et leur respect pendant la situation de conflits armé
-  Parler des problèmes qu’ils rencontrent et chercher eux-mêmes des solutions à ces problèmes
-   Connaissance sur la défense de leurs droits et ceux de leurs camarades
-   Apprendre à bien s’exprimer sans avoir peur
-    Apprendre le respect mutuel
-    Apprendre à faire des activités ensemble
-    S’entraider et se donner des bons conseils
-  Protéger leurs droits et les droits de tous les enfants de leur école, de leur communauté,
-   Travailler pour la prévention des tous les abus contre les enfants
Club d'enfants à Lwanoli


   


     Par ailleurs, la sensibilisation communautaire au près des déplacés et des ménages d’accueil est réalisée. L’objectif de cette activité étant d’identifier d’autres acteurs locaux, si possible pour une bonne synergie dans l'intervention. A coté de l’organisation BENENFANCE CONGO, la structure de crise initiative locale, nous sommes parvenus à mettre en place un bloc uni répondant aux différentes questions de protection de l’enfant dans les limites de nos moyens. Ainsi par exemple, grâce à cette unité, nous avons servi de pont à l’organisation IRC qui a apporté sa pierre à l’édifice en organisant une formation sur « la prise en charge psychosociale » en faveur des agents sociaux et autres staff des structures locales

      Acteurs Locaux:
   Dans la même logique d'intervention, l’organisation Save the Children Internationale a emprunté le même chemin avec beaucoup d’ambitions car, après nombreuses séances avec nous et à l’issue de ses évaluations elle compte appuyer l’approche de la capacitation des RECOPE, clubs d’enfants et même nous aider à installer des points d’écoute et des centres de jour dans 4 agglomérations à forte concentration des déplacés à savoir NOBILI, KAHONDO, KIKURA et LWANOLI, ce qui est une satisfaction pour nous car en plus de nos activités sur le terrain un plaidoyer est fait au quotidien pour que d’autres intervenants avec une bonne capacité financière et logistique interviennent dans la région. Seuls nous ne pouvons rien au vue de l’étendue de la zone à couvrir et de la complexité des besoins sans réponses. 


Staff Save the Children Internationale en concertation avec le staff EADEV et  Benenfance Congo pour l’évaluation des besoins en protection dans la région et à l’approche à mettre en place pour palier aux différents problèmes : 
le 5 Octobre 2013 à  Watalinga











Equipe de redaction Eadev-DRC

10 octobre 2013

Beni – Lubero : Entre terreur des groupes armés, détresse des déplacés et justice populaire


L’association EADEV (Enfant pour l’Avenir et le Développement) s’alarme de la dégradation de la situation sécuritaire en territoires de Beni et Lubero dans la province du Nord-Kivu en République Démocratique du Congo. Les mois d’août et septembre ont été particulièrement marqués par la recrudescence des activités des groupes armés, le plus dangereux d’entre eux étant l’ADF/NALU, une rébellion ougandaise qui serait noyautée par les islamistes somaliens d’Al Shebab
Images islamiste El-shebab


Les atteintes contre la population ne sont pas toutefois l’apanage des seuls membres de l’ADF/NALU puisque des miliciens maï-maï, notamment ceux dirigés par un certain Morgan (secteur de Manguredjipa), et même certains éléments des FARDC, figurent parmi les différents responsables d’atteintes sur la population civile. Il est enfin arrivé que les violences soient le fait de la population elle-même dans des moments d’exaspérations débouchant sur des dramatiques actes de « justice populaire ». Tout ceci interpelle les autorités et les responsables de la Mission des nations-Unies au Congo qui, bien entendu, sont restés dévoués à leurs missions en matière de sécurité, mais à qui se posent de nouveaux défis. L’association EADEV attire l’attention sur l’urgence qu’il y a à augmenter la capacité des moyens actuels de l’Etat et de la Monusco pour éviter qu’une situation qui se dégrade rapidement ne dégénère au point d’échapper à tout contrôle.
Activités des groupes armés
Les groupes armés continuent de répandre la terreur dans les territoires de Beni et Lubero. Ainsi le 24 août dernier, dans le groupement des Watalinga, sept hommes qui cultivaient leurs champs ont été enlevés à Musu et cinq autres près de la localité de Kamango. Une semaine plus tard, dans la localité de Matiba, près d’Oicha, M. Kasereka Kinyonge (25 ans) a été kidnappé alors qu’il se rendait à son champ pour extraire de l’huile de palme. Trois semaines plus tard, le 23 septembre à 20h30, trente-trois personnes dont onze enfants (sept filles et quatre garçons) ont été enlevées dans la localité de Kombo en groupement des Watalinga. Trois hommes avaient été abattus au cours de l’opération menée par les membres de l’ADF/NALU.
Si cette rébellion ougandaise est régulièrement citée dans les cas d’enlèvement, elle n’est pas le seul groupe armé à recourir à cette pratique.
Ainsi dans la nuit du 28 au 29 septembre dernier, MM. Kambale Richard et Tsongo Justin, infirmiers au Centre de Santé de Maleki/Oicha, ont été kidnappés par un groupe d’hommes armés en tenue militaire identifiés comme étant des miliciens mai-mai. Les victimes ont été embarquées à bord d’une voiture. Tsongo Justin a réussi à s’échapper le 1er octobre, mais son compagnon d’infortune n’a, depuis, plus jamais donné signe de vie.
Ces pratiques traumatisantes pour les victimes et déchirantes pour leurs familles sont récentes. En territoires de Beni et Lubero, les enlèvements sont une pratique ne datant que de quelques années mais causent déjà d’énormes dégâts non seulement psychologiques (hantise au quotidien) mais aussi humains. Selon l’ONG BON SAMARITAIN, le nombre des personnes kidnappées depuis 2010 serait de 569. Ces enlèvements se produisent essentiellement entre les localités de Mbau et de Kamango.
En dehors des cas d’enlèvement, la population en territoires de Beni et Lubero a été la cible d’autres formes d’atteintes.
Ainsi le 12 août, en territoire de Lubero, des miliciens mai-mai  se sont livrés à des pillages de boutiques.
EADEV déplore par ailleurs que ces miliciens continuent de recruter des enfants dans leurs rangs. C’est le cas à Kanzanza où on a signalé la présence de 250 enfants dans les rangs du groupe mai-mai MDPC, tandis que les recrutements se poursuivent dans un autre groupe basé dans les parages de la localité de Kyavirimu, où sévit un autre « colonel » mai-mai connu sous le sobriquet d’Oscar.
Quelques heureux dénouements
Il est aussi arrivé des dénouements heureux comme dans le cas de Mademoiselle Salima Kyakimwa, élève en 2ème année secondaire à l’Institut Kisiki de Mbau. Son enlèvement le 03 octobre avait provoqué une vive réaction de ses camarades qui avaient manifesté dans la cité et bloqué la route menant au Nord, vers Kisangani, et aussi vers Kamango, secteur où sévissent les preneurs d’otage. La jeune fille sera relâchée le lendemain.
C’est aussi le cas de M. Kambale Makasi Meshack, taximan, kidnappé au début du mois de Juillet par des hommes non autrement identifiés. Il a réussi à échapper à ses ravisseurs. Arrivé à Beni le 03 août, Il a rapporté que ces derniers l’avaient retenu dans une carrière minière en Ituri.
Parmi les dénouements heureux, on peut également signaler la reddition le 1er octobre, auprès des FARDC, de cinquante combattants mai-mai du groupe FOLC (Front Œcuménique pour la Libération du Congo). Les repentis, actuellement cantonnés  sur le site de Mambango, ont indiqué qu’un grand nombre d’enfants soldats étaient prêts à se retirer des maquis et à se rendre.
Le désastre humanitaire

Les activités des groupes armés ont un impact considérable sur la population. EADEV déplore l’afflux des déplacés internes, et même des réfugiés.
Les déplacés de Kamango


En effet, dans le secteur de Kamango, sur une population de 99.302 habitants, 66.746 se sont réfugiés en OUGANDA, selon l’organisation Save the Children international Ouganda. Selon les autorités locales, 13.918 ont trouvé refuge dans les villages environnants et même des localités beaucoup plus éloignées. Dans les localités de Nobili, Mutwanga, Mwenda, Oicha et  Bulongo, les déplacés se retrouvent dans des familles d’accueil surpeuplés. D’autres occupent les écoles qui se dégradent au fil des jours, ce qui constitue un désastre supplémentaire, la scolarisation des enfants ne pouvant être assurée.

TABLEAU SYNHETIQUE DES MOUVEMENTS DES POPULATIONS 
Nouvelle localisation
Nbre ménages
Nbre hommes
Nbre  femmes
Nbre  enfants
Total par site
BWISEKA
6O8
1161
553
1934
4256
KIKURA
4139
5978
3290
14966
28973
BUGANDO
375
716
315
1219
2625
LWANOLI
2389
4389
2211
7765
16723
NOBILI
5867
10694
5440
19068
41069
TOTAL GENERAL
93646
(Source : Comité des déplacés de NOBILI.)
EADEV s’alarme également du péril alimentaire qui guette la population de Beni et Lubero du fait des activités des groupes armés. Les enlèvements interviennent dans des zones rurales. Les victimes sont essentiellement des paysans qui se rendent à leurs champs ou en reviennent. La conséquence inévitable est la chute de la production agricole locale, la hausse des prix des denrées alimentaires ou, carrément l’épuisement des stocks.
Une population à fleur de peau
Dans ce climat où se mêlent angoisse et exaspération, les réactions de la population deviennent parfois extrêmes. Le phénomène de « justice populaire » prospère. La population n’hésite plus à se « charger » elle-même des personnes soupçonnées de crime.
C’est ainsi que le 28 septembre, dans la localité de Masambo, un voleur dénommé Katembo a été passé à tabac par une foule en colère. L’infortuné a succombé le lendemain des suites de ses blessures. Cinq jours plus tard, le 04 octobre à Butembo, un homme soupçonné de vol, a été lapidé à mort par une foule en colère.
Plus inquiétant, ces déchainements de violence ont été parfois consécutifs à des soupçons portant sur des sujets aussi incertains que la sorcellerie, comme cela a été signalé dans le quartier Ngongolio, commune de Mulakera en ville de Beni.
EADEV en action
Au milieu de cet environnement agité, l’association EADEV poursuit ses activités axées sur la prise en charge transitoire des populations en détresse, la réinsertion socio-économique et l’éducation.
EADEV entreprend par ailleurs de s’adapter à l’évolution de la situation.
Ainsi le 23 août dernier, une mission d’EADEV, est arrivée à Nobili dans le cadre des activités liées à la protection des enfants. De concert avec les autorités et les leaders communautaires, EADEV compte, dans un premier temps,  installer un centre d’écoute dans cette localité particulièrement touchée par l’afflux des déplacés fuyant les exactions des ADF/NALU. Mais le niveau de la dégradation de la situation nécessite une mobilisation de plus grande ampleur aussi bien pour neutraliser les groupes armés que pour porter assistance aux déplacés.
Augustin VWALUMA
Président de l’Association EADEV